samedi 21 juin 2014

Lulu femme nue de Etienne Davodeau

Etienne Davodeau

Tome 1
Futuropolis, 2008
80 pages


 
Tome 2
Futuropolis, 2010
78 pages










Résumé : Lulu, mère de famille de quarante ans, sans histoire, a disparu depuis plus de deux semaines, abandonnant mari et enfants à ses amis désemparés.
L’un d’eux, Xavier, a retrouvé sa trace. En une nuit, il entreprend de raconter aux autres ce qu’a vécu Lulu pendant cet étrange voyage : Lulu a quitté sa vie normale en sortant d’un énième entretien d’embauche.
Elle n’avait rien prémédité. Ça s’est passé très simplement. Elle est partie avec une femme dont elle ne connaissait rien, et s’est octroyé quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que de savourer pleinement, et sans culpabilité, cette vacance inédite.
Presque surprise par sa propre audace, Lulu rencontre de drôles de gens, qui sont, d’une façon ou d’une autre, eux aussi au bord du monde.
Grisante, joyeuse, dangereuse et cruelle, l’expérience improvisée de Lulu en fera une autre femme




Mon avis



Cette bande dessinée en deux tomes est une agréable surprise. Je ne m’attendais vraiment pas à une telle histoire.
Les dessins sont agréables, expressifs avec des couleurs douces, comme l’histoire.
J’aime beaucoup la construction de l’histoire. En soirée un groupe de personnes se rassemble pour parler de ce qu’a fait Lulu les semaines précédentes. Chacun parle à tour de rôle pour dresser ses aventures dans l’ordre chronologique. Le récit est régulièrement interrompu par des réactions de l’assemblée… par la vie qui suit son cours. Très vite, on se doute qu’un drame s’est produit, mais nous ne saurons lequel qu’à la fin du tome 2. Le suspense est bien maintenu. Le récit est très vivant.
Lulu est une personne terriblement attachante et très proche de nous. Chacun se remet en cause un jour ou l’autre, mais tout le monde n’agit pas comme elle l’a fait. Tout le monde n’est pas capable de remonter la pente, lorsque la vie nous trompe.

En conclusion : sublime, tout en douceur….



 Tome 2 : idée n°55 : quelque chose que vous aimez : marcher au bord de la mer


vendredi 20 juin 2014

La Bête de Catherine Hermary-Vieille


Catherine Hermary-Vieille
Albin-Michel, 2014
154 pages

Résumé : Le Gévaudan, au coeur de la Lozère, pays isolé aux interminables hivers et aux landes battues par les vents, est hanté par les loups, les superstitions et la peur du diable. Or le diable surgit en un monstre terrifiant. Une bête inconnue et sanguinaire qui attaque femmes et enfants et ignore les troupeaux. Une bête qui est partout et nulle part, qui tue puis se volatilise. Traquée par les dragons et les louvetiers de Louis XV, elle semble invulnérable.
Est-elle un homme devenu animal ou un animal à l'intelligence humaine ? A Versailles, la colère monte et le roi envoie Antoine de Beauterne, le grand louvetier du royaume. Mais la bête semble se jouer des chasseurs comme des battues. Obéirait-elle à un maître ou aux forces des ténèbres ?



Mon avis


Roman dont j’ai apprécié l’écriture, mais peu le contenu. J’ai beaucoup aimé la première partie qui nous emmène à la suite d’Antoine, jeune homme né dans le Gévaudan qui rêve de s’installer dans les pays du soleil levant. Embarqué sur un bateau, il sera fait prisonnier par les barbaresques d’Alger où il restera trois ans à s’occuper des animaux du Dey. Il lui arrivera des choses terribles dont il ne se remettra jamais. Au bout de trois ans, il rentrera dans le Gévaudan avec, pour compagnon, une hyène apprivoisée. C’est alors que commencerons des agressions étranges.

En conclusion : Roman dans lequel la violence et surtout la soif de violence est omniprésente. Sans grand intérêt.




jeudi 19 juin 2014

La Cité des Jarres de Arnaldur Indridason



Arnaldur Indridason
Métaillié, 2006
286 pages


Résumé : Un nouveau cadavre est retrouvé à Reykjavik. L'inspecteur Erlendur est de mauvaise humeur : encore un de ces meurtres typiquement islandais, un " truc bête et méchant "
qui fait perdre son temps à la police... Des photos pornographiques retrouvées chez la victime révèlent une affaire vieille de quarante ans. Et le conduisent tout droit à la " cité des Jarres ", une abominable collection de bocaux renfermant des organes...




Mon avis




J’ai enfin lu la première aventure du commissaire Erlendur. La Cité des jarres est le premier roman de la série à avoir été traduit en français, mais c’est le troisième tome dans la série islandaise.
J’ai beaucoup aimé le personnage de ce commissaire torturé, malmené par son divorce ainsi que par le devenir de sa fille qui tente de se sortir du monde de la drogue car elle attend un enfant.
L’enquête est très prenante également. On voit un commissaire têtu qui, lorsqu’il a une idée ne la lâche pas, même si ses co-équipiers sont sceptiques quant à ses démarches.
J’ai beaucoup aimé l’ambiance.

En conclusion : je lirai volontiers la suite.








idée n°7 : une jarre (dans le titre)



mardi 17 juin 2014

Eloi de Youn Locard et Florent Grouazel


Youn Locard (scénario)
Florent Grouazel (dessins)
Actes sud, an II,  2013
non paginé

Résumé : 1842. La frégate La Renommée quitte la nouvelle Calédonie pour rentrer en France. À son bord, le naturaliste Pierre Delaunay et un jeune pêcheur canaque prénommé Éloi, son sujet d'étude.
Le huis clos du bateau est un concentré de l'Europe du XIXe siècle. S'y côtoient, selon les couches sociales représentées dans l'équipage, positivisme triomphant, religion chrétienne, tradition aristocratique, bon sens populaire et superstitions maritimes. La présence d'Éloi, longtemps mutique, va exacerber les tensions puis déchaîner les passions et la violence. Jusqu'au bout le jeune indigène (plus volontiers qualifié de sauvage, de macaque ou de cannibale) gardera son mystère, se dérobant même à l'amitié du jeune gabier Gweltaz.
Deux jeunes auteurs bretons, tous deux diplômés de l'Institut Saint-Luc à Bruxelles, prennent le temps de distiller, par petites touches, un récit historique sur le thème de la différence, balayé par l'air du grand large.



Mon avis




Bande dessinée passionnante, en noir et blanc, qui décrit le racisme aveugle des européens face à un homme venant d’un peuple dit cannibale.
L’histoire se déroule en 1837. Elle met en scène un jeune calédonien qui accepte de venir en Europe pour découvrir un autre monde.
Il est aidé, soutenu, par un prêtre qui l’a baptisé et qui tente de le convertir.
Le scientifique de l’expédition, qui soupçonne les kanaks de cannibalisme va tenter de l’étudier tout au long de la traversée.
Le capitaine du bateau a toujours été opposé à sa montée à bord… Il n’aura pas tort.
Eloi, tout d’abord, rejeté par les matelots, va tenter de s’intégrer au groupe, mais la différence de culture entre lui et les marins est un trou sans fond difficile à boucher.

En conclusion : sublime et dure à a fois. L’itinéraire d’Eloi est terrible et très touchant !!!

lundi 16 juin 2014

C'est lundi, que lisez-vous? #54


 


Cette semaine, j'ai lu...

 
thriller mené avec excellence

 

Très bon roman historique 
sur les grandes découvertes maritimes du début du XVIème siècl



Belle BD, mais très sombre

pas mal, mais très violent


Aujourd'hui, je lis...


 Lecture agréable

Ensuite, je lirai...

 

Partenariat Babelio




Et vous, que lisez-vous ?
Toute la récap chez Galléane

vendredi 13 juin 2014

Un long moment de silence de Paul Colize

Paul Colize
Folio, 2014
470 pages

Résumé : Dans Un long moment de silence, Paul Colize met en scène à deux époques différentes les personnages de Stanislas Kervyn et Nathan Katz. L'un est un homme d'affaire contemporain, antipathique, qui tente de comprendre la raison pour laquelle son père trouva la mort lors d'une fusillade au Caire alors qu'il n'était qu'un enfant; l'autre, rescapé des camps, décide de rejoindre un groupe de chasseur de nazis après la seconde guerre mondiale.





Un grand merci aux éditions folio pour ce partenariat qui m'a fait passer un excellent moment

 
Mon avis



Roman très intéressant et très prenant qui met en scène Stanislas qui enquête sur la mort de son père dans un attentat au Caire en 1954.
Même si Stanislas est quelqu’un d’odieux, d’affreux, d’imbuvable, j’ai eu très envie d’en savoir plus sur le passé de sa famille. Il y a de terribles secrets de famille qui remontent à la deuxième guerre mondiale. Stanislas est perturbé par le suicide de sa femme et l’assassinat de son père.
Le roman est particulièrement bien mené. L’auteur alterne le récit de l’enquête,  les découvertes de Stanislas avec le récit d’un certain Nathan, 16 ans, échappé des camps qui va passer sa vie à pourchasser les anciens nazis qui se cachent au milieu de tout le monde. D’ailleurs, le personnage de Nathan est presque plus attachant que celui de Stanislas.
Dans les récits de Stanislas l’auteur intègre des souvenirs de celui-ci de façon assez originale : aucun retour à la ligne ou saut de ligne… Les souvenirs sont racontés en même temps que les évènements présents. C’est, au départ, assez déroutant, mais on s’adapte très vite. Le récit n’en n’est que encore plus vivant.
 
De plus, les chapitres ont tous un titre. Ce qui est original, c’est que le titre des chapitres est la dernière expression des chapitres en question.
Le récit est rapide, vivant, intense… Une intensité qui augmente dans les cent dernières pages.
Ce roman se dévore avec gourmandise, on est happé par cette histoire hors norme.

L’auteur c’est inspiré de son histoire familiale.

En conclusion : ce roman est, pour moi, un énorme coup de cœur, une superbe découverte.




  
Idée n’243 : quelque chose dont vous êtes reconnaissant : le silence.

jeudi 12 juin 2014

King's game de Nobuaki Kanazawa


Nobuaki Kanazawa
Lumen, 2014
374 pages


Résumé : Nobuaki est réveillé en pleine nuit par un étrange message qui met au défi deux de ses camarades de lycée de s’embrasser. À en croire le mystérieux expéditeur du mail, la classe entière participe à un “King’s Game”, un jeu du Roi auquel elle ne peut se soustraire. Jour après jour, à minuit pile, un nouveau défi s’affiche sur le téléphone portable des lycéens, qui finissent par découvrir la cruelle vérité : ils ont 24 heures pour exécuter les ordres du Roi, et la sanction en cas de désobéissance est la mort.
Suicides ou meurtres ? Puissance occulte ou criminel de chair et de sang ? La mort s’abat inéluctablement sur ses jeunes victimes, où qu’elles se trouvent et quoi qu’elles tentent pour s’échapper. Le couperet se rapproche dangereusement de nos héros… Parviendront-ils à démasquer le Roi avant qu’il ne soit trop tard ?


Mon avis 

Un grand merci à Livraddict et aux éditions Lumen pour ce partenariat. J'ai vraiment passé un très bon moment.


Ce roman, très addictif, se lit d’une traite. Je n’avais qu’une envie, arriver à la dernière page et savoir pourquoi ces évènements se produisaient et comment. J’avais vraiment hâte d’arriver au dénouement final. Je me suis très rapidement prise au jeu : le Jeu du Roi. Chaque élève d’une classe de seconde reçoit par SMS des épreuves à effectuer. S’ils ne le font pas, un gage leur est imposé. Ici les épreuves sont, tout d’abord, assez puériles voire malsaines. Les gages, par contre, sont terribles. C’est la mort à chaque fois : par pendaison, asphyxie, démembrement… Le gage est appliqué à chaque fois et sans aucune intervention humaine. Mais comment est-ce possible ?
Cependant, je regrette, la non-implication des adultes. Ceux-ci ne semblent pas vraiment s’inquiéter du fait que des ados de la même classe tombent comme des mouches. C’est seulement à partir du moment où près de la moitié de la classe a été décimé que les adultes, les policiers commencent à s’intéresser aux évènements.
Seul, Nobuaki s’est douté dés le départ que quelque chose n’allait pas. Voyant que les adultes se désintéressent totalement du problème, il mènera lui-même l’enquête avec son meilleur ami.
Malgré un dénouement un peu tiré par les cheveux, ce roman est très plaisant à lire. Une fois ouvert, il est très difficile de le refermé avant la dernière page.

A noté, le héros porte le même nom que l’auteur : Nobuaki Kanazawa.

Je pense lire la version manga.